Plan d'action GEPP (GPEC) : 4 exemples et un modèle à suivre

Sabrine Azougli
Mis à jour le
10/6/2026
Jérôme Vobmann
Mis à jour le
10
/
06
/
2026

La GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels), qui a succédé à la GPEC, est la démarche RH qui anticipe l'évolution des emplois et des compétences pour l'aligner sur la stratégie de l'entreprise. Son aboutissement concret, c'est le plan d'action : la feuille de route qui transforme le diagnostic en décisions datées (former, recruter, organiser la mobilité). Pour la démarche complète, voyez nos pages piliers GPEC et GEPP.

Cette fiche va droit au but : un modèle de plan d'action prêt à adapter, puis 4 exemples concrets par situation (transformation des métiers, pyramide des âges, mobilité interne, pénurie de compétences). De quoi construire le vôtre sans partir d'une page blanche.

💜 Ce qu'il faut retenir
  • Définition : le plan d'action GEPP traduit le diagnostic des compétences en actions datées (formation, mobilité, recrutement, transmission).
  • Structure : un objectif, des actions, un responsable, une échéance, un indicateur de suivi par ligne.
  • 4 angles classiques : développer les compétences, gérer les âges, organiser la mobilité, combler une pénurie.
  • Clé de réussite : partir d'un diagnostic solide et suivre chaque action avec des indicateurs.

La GEPP dans le cadre juridique

La GEPP est d'abord une obligation légale. La loi Borloo du 18 janvier 2005 impose une négociation tous les trois ans aux entreprises et groupes d'au moins 300 salariés ; les ordonnances de 2017 ont renommé la GPEC en GEPP et permis d'en fixer la périodicité jusqu'à quatre ans par accord, en plaçant les parcours professionnels au centre. Un point important : ce que la loi encadre, c'est la négociation et la démarche, pas un « plan d'action » nommé comme tel. Le plan d'action est simplement l'outil par lequel l'entreprise met en œuvre ses engagements, en lien avec le dialogue social. Pour le détail du cadre, voyez ce que dit le code du travail et notre fiche sur l'accord GPEC.

Qu'est-ce qu'un plan d'action GEPP ?

Un plan d'action GEPP est un document de pilotage qui liste, pour une période donnée, les actions RH à mener pour réduire l'écart entre la situation actuelle des compétences et les besoins futurs. C'est l'outil de planification qui organise la mise en œuvre de la démarche, mois après mois. Chaque ligne répond à cinq questions : quel objectif, quelles actions, quel responsable, pour quand, et comment on mesure le résultat. Cette structure transforme une intention en engagement suivi.

Voici un modèle générique, à dupliquer et adapter à chaque enjeu identifié lors du diagnostic.

ObjectifActions clésResponsableÉchéanceIndicateur
Réduire un écart de compétencesFormation, tutorat, recrutementRH + managerTrimestre / annéeCompétences acquises
Sécuriser un savoir-faire critiqueDocumentation, binôme senior-juniorManager métier6 à 12 moisSavoir transmis
Pourvoir un poste en interneMobilité, parcours d'évolutionRHAnnuelTaux de mobilité interne

📥 Pas envie de partir d'une page blanche ? Le Kit GPEC de Zola réunit modèles de matrices, grilles d'entretien et trame de plan d'action prêts à l'emploi.

Télécharger le Kit GPEC

Le prérequis : l'analyse de l'existant

Aucun plan d'action sérieux ne se construit sans une photographie de départ. Avant d'aligner des actions, le diagnostic GPEC objective trois choses : les compétences réellement disponibles aujourd'hui, celles dont l'entreprise aura besoin demain au regard de sa stratégie, et l'écart entre les deux. C'est cet écart, et lui seul, qui justifie chaque ligne du plan.

Sauter cette étape conduit à des plans hors-sol, calqués sur ce que fait le voisin plutôt que sur les besoins réels. À l'inverse, un diagnostic bien mené fait souvent émerger des priorités inattendues : un savoir-faire critique à sécuriser, un métier qui se transforme en silence, une équipe en sous-effectif chronique. Le plan d'action n'est alors que la mise en musique de ce constat.

4 exemples de plan d'action GEPP

Un plan d'action se construit toujours à partir d'un enjeu réel remonté par ce diagnostic. Voici quatre situations fréquentes et la façon de les traiter, chacune transposable à votre contexte.

Exemple 1 : développer les compétences face à la transformation des métiers

Contexte : une entreprise de services voit l'intelligence artificielle et de nouveaux logiciels transformer le quotidien de ses équipes plus vite que leurs compétences n'évoluent. Sans réaction, l'écart se creuse et la productivité décroche. L'objectif du plan est de combler cet écart de façon organisée, métier par métier.

  • Cartographier les compétences actuelles et cibles via une cartographie des compétences, pour visualiser précisément ce qui manque.
  • Construire des parcours de formation prioritaires sur les compétences en tension, en mixant présentiel, e-learning et mise en pratique.
  • Mettre en place du mentorat interne entre experts et collaborateurs en montée en compétences.
  • Désigner des référents par compétence clé, chargés de diffuser les bonnes pratiques dans leur équipe.

Livrable type : une feuille de route de montée en compétences sur 12 mois, par équipe. Indicateur de suivi : part des collaborateurs ayant atteint le niveau cible sur les compétences critiques.

Exemple 2 : gérer la pyramide des âges et transmettre les savoirs

Contexte : dans une PME industrielle, un tiers des opérateurs expérimentés partira en retraite sous cinq ans. Plusieurs détiennent des savoir-faire que personne d'autre ne maîtrise. Le risque est double : perdre ces compétences et ne pas avoir formé les remplaçants à temps.

  • Établir la pyramide des âges et identifier les départs prévisibles métier par métier.
  • Repérer les compétences détenues par une seule personne, à sécuriser en priorité.
  • Organiser des binômes senior-junior et documenter les savoir-faire clés avant les départs.
  • Planifier les recrutements et les formations de remplacement en amont, pas dans l'urgence.

Livrable type : un calendrier de transmission aligné sur les dates de départ. Indicateur de suivi : nombre de savoir-faire critiques sécurisés par une transmission effective.

Exemple 3 : organiser la mobilité interne et les parcours

Contexte : une entreprise en croissance ouvre régulièrement des postes et veut privilégier l'évolution interne plutôt que le recrutement externe systématique, à la fois pour fidéliser ses talents et pour réduire ses coûts et délais de recrutement.

  • Ouvrir un dispositif de mobilité interne avec des postes visibles de tous et un processus de candidature clair.
  • Proposer des bilans de compétences et des parcours d'évolution personnalisés.
  • Cartographier les passerelles possibles entre métiers proches pour ouvrir des trajectoires non évidentes.
  • Former les managers à accompagner les transitions de leurs collaborateurs plutôt qu'à les retenir.

Livrable type : une cartographie des passerelles métiers et un dispositif de mobilité formalisé. Indicateur de suivi : taux de postes pourvus en interne sur l'année.

Exemple 4 : répondre à une pénurie de compétences sur un métier en tension

Contexte : un métier stratégique (data, soin, maintenance industrielle selon les secteurs) peine à recruter et menace la continuité de l'activité. Les tensions de recrutement restent fortes en France, avec une large part des projets jugés difficiles : compter uniquement sur le marché externe ne suffit plus.

  • Renforcer la marque employeur et diversifier les canaux de recrutement, y compris l'alternance.
  • Ouvrir des reconversions internes vers le métier en tension, avec une formation dédiée et un accompagnement.
  • Nouer des partenariats avec des organismes de formation, des écoles et France Travail.
  • Fidéliser les compétences déjà en place pour ne pas aggraver la pénurie par des départs évitables.

Livrable type : un plan de sourcing combinant recrutement externe et reconversions internes. Indicateur de suivi : délai moyen de recrutement et nombre de reconversions réussies.

🔵 Suivez votre plan d'action GEPP en temps réel

Avec l'outil GPEC de Zola, chaque action a son responsable, son échéance et son indicateur. Fini les plans qui dorment dans un tableur oublié.

→ Découvrir l'outil GPEC de Zola

Comment construire son plan d'action GEPP ?

La méthode tient en trois temps. On part du diagnostic pour objectiver les écarts entre les compétences disponibles et les besoins à venir. On priorise ensuite les enjeux : tous ne se valent pas, mieux vaut traiter d'abord ceux qui menacent l'activité ou concernent le plus de salariés. On formalise enfin chaque enjeu en une ligne d'action datée et mesurable, comme dans le modèle plus haut. Ces étapes clés font du plan un outil d'anticipation, porté par une vision prospective des emplois plutôt qu'une réaction dans l'urgence. Les leviers mobilisés relèvent de la gestion des talents au sens large, de la formation professionnelle à la mobilité, en passant par le recrutement.

Le plan vit ensuite au rythme du suivi. Des indicateurs revus à intervalle régulier disent si une action porte ses fruits ou s'il faut la corriger. Pour la méthode complète, de la définition aux étapes, appuyez-vous sur notre page pilier GPEC, qui détaille les quatre temps de la démarche.

Un dernier point de méthode : un plan d'action GEPP n'est pas figé. Le marché du travail bouge, la stratégie de l'entreprise aussi. Le plan se révise au moins une fois par an, en réintégrant les nouveaux écarts détectés et en archivant les actions terminées. C'est ce caractère cyclique qui distingue une vraie démarche d'un document rédigé une fois pour cocher une case réglementaire.

Quels outils pour piloter le plan d'action ?

Un plan d'action GEPP se pilote rarement bien sur un simple tableur partagé : les versions se multiplient, les échéances passent inaperçues et le suivi s'essouffle au bout de quelques mois. Les outils utiles sont d'abord ceux de la démarche elle-même (référentiel et cartographie des compétences, fiches de poste, entretiens professionnels), puis un support de pilotage qui rassemble actions, responsables, échéances et indicateurs au même endroit. Un module GPEC intégré au SIRH centralise tout cela et déclenche des alertes quand une action prend du retard, ce qui change radicalement le taux d'exécution réel du plan.

Les erreurs à éviter

La première erreur consiste à bâtir un plan trop ambitieux, avec des dizaines d'actions que personne ne pilote vraiment. Mieux vaut quelques chantiers tenus que beaucoup d'intentions abandonnées. La deuxième est l'absence d'indicateurs : sans mesure, impossible de savoir si le plan avance. La troisième est d'oublier les managers et les représentants du personnel, alors que leur adhésion conditionne la réussite sur le terrain.

FAQ

Plan d'action GPEC ou plan d'action GEPP : quelle différence ?

Aucune sur le fond. GEPP est le terme légal depuis les ordonnances de 2017, GPEC l'appellation historique encore très utilisée. Le plan d'action est le même livrable. Pour les nuances, voyez notre comparatif sur la différence entre GPEC et GEPP.

Le plan d'action GEPP est-il obligatoire ?

La négociation GEPP est obligatoire pour les entreprises d'au moins 300 salariés. Le plan d'action en est la traduction concrète. En dessous de ce seuil, il reste un outil de pilotage très recommandé, mais non imposé.

Comment suivre un plan d'action GEPP dans la durée ?

En attribuant à chaque action un responsable, une échéance et un indicateur, puis en faisant un point régulier. Un logiciel dédié évite la dispersion des tableurs et garde le plan vivant.

Sources

  • Légifrance, loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale (loi Borloo).
  • Légifrance, ordonnance n° 2017-1385 du 22 septembre 2017 ; article L. 2242-20 du Code du travail.
  • Ministère du Travail, gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences (travail-emploi.gouv.fr).

D'autres articles sur la gestion des compétences

En voir plus
Comment mettre en place la GPEC / GEPP en 2026 ?