Vous cherchez un logiciel de mobilité interne et vous tombez sur deux marchés qui n'ont rien à voir : d'un côté des logiciels de recrutement qui diffusent vos offres d'emploi en interne, de l'autre des plateformes qui cartographient les compétences pour recommander des postes. Ce ne sont pas deux versions du même produit.
Derrière l'expression se cachent en réalité quatre familles d'outils : la bourse à l'emploi interne, la talent marketplace, la brique talent management et le module de SIRH core. Elles n'ont ni le même prix, ni le même déploiement, ni les mêmes prérequis. Voici les huit solutions que nous avons comparées, et le critère qui tranche vraiment le choix : d'où viennent vos souhaits d'évolution et vos compétences évaluées.
- Quatre familles d'outils se cachent derrière l'expression « logiciel de mobilité interne » : bourse à l'emploi interne, talent marketplace, brique talent management et module de SIRH core.
- Le critère qui tranche n'est pas la liste de fonctionnalités mais la source de vos données : aucun outil ne fera remonter un souhait d'évolution que personne n'a recueilli.
- Les 8 solutions comparées : Zola, Gloat, Cegid Talentsoft, SmartRecruiters SmartMobility, SAP SuccessFactors, Cornerstone, Talentia HCM et Whoz.
- Aucun des huit éditeurs ne publie de tarif public sur cette catégorie : le budget se construit par salarié et par an, et le chantier de référentiel pèse souvent plus lourd que la licence.
- 70 % des salariés jugent la promotion interne « floue, opaque ou injuste » (étude de rémunérations Hays 2026) : le problème est rarement la diffusion des offres.
🔵 Vos souhaits de mobilité dorment dans vos comptes rendus d'entretien
Zola remonte les souhaits d'évolution recueillis en entretien dans la revue des talents, en face des postes clés et des viviers de succession. Les arbitrages de mobilité se prennent sur une seule vue, pas sur cinq fichiers.
→ Le logiciel de people review et de revue des talentsLe marché est illisible, et c'est le premier problème. Sous la même étiquette cohabitent des logiciels de recrutement qui publient vos offres en interne (Avature, iCIMS, Taleez, Flatchr, Beetween, Keycoopt), des suites RH françaises (Alcuin, Altays, quarksUp, CrossTalent, Lucca, Eurécia), des plateformes de compétences et de matching par l'intelligence artificielle (Neobrain, 365Talents, Skillup, Eightfold, Fuel50), des outils d'entretiens et de revue des talents (Elevo, Empowill) et des SIRH mondiaux (Oracle Fusion HCM). Ils emploient le même vocabulaire, ne coûtent pas la même chose et ne résolvent pas le même problème.
Bourse à l'emploi, marketplace, suite talent, SIRH : les 4 familles d'outils
La confusion vient du marché lui-même. Sur la première page de Google, la majorité des résultats pour « logiciel de mobilité interne » sont des pages produit d'éditeurs de logiciels de recrutement : pour eux, la mobilité interne se résume à une page d'offres réservée aux salariés. À côté, des plateformes de compétences vendent un moteur de recommandation qui suppose un référentiel déjà construit. Les deux répondent au mot-clé, aucune ne répond à la même question.
Or le point de friction se situe rarement là où le marché le place. Dans l'étude de rémunérations 2026 de Hays, menée auprès de plus de 2 500 professionnels, 70 % des salariés jugent le processus de promotion interne flou, opaque ou injuste, et seuls 6 % estiment qu'il repose sur des critères clairs. Ce n'est pas un problème d'affichage des offres, c'est un problème de lisibilité des règles. Un outil qui se contente de publier des annonces en interne ne le corrige pas.
Ces quatre familles se distinguent donc moins par ce qu'elles font que par ce qu'elles supposent déjà en place chez vous.

| Famille d'outils | Ce qu'elle résout | Ce qu'elle suppose déjà chez vous | Pour quelle organisation |
|---|---|---|---|
| Bourse à l'emploi interne (module d'un logiciel de recrutement) | Rend les offres d'emploi ouvertes visibles des salariés et distingue le recrutement interne du recrutement externe | Que vos salariés sachent déjà vers quel poste se projeter | Volume de recrutement élevé, processus de recrutement déjà outillé |
| Talent marketplace | Met en correspondance profils, postes, projets et missions courtes, en continu | Un référentiel de compétences vivant et une culture du travail transverse | Grands groupes internationaux, organisations matricielles |
| Brique talent management | Relie souhaits d'évolution, compétences évaluées et décisions de revue des talents | Une campagne d'entretiens réellement tenue chaque année | ETI et grandes entreprises qui pilotent déjà leurs entretiens |
| Module de SIRH core | Adosse la mobilité au référentiel unique de postes, de contrats et d'effectifs | D'être déjà client du SIRH en question | Organisations dont le SIRH est le système de référence |
Un test simple permet de se situer. Si vos postes ouverts ne sont pas visibles des salariés, votre problème est un problème de diffusion et une bourse à l'emploi interne le règle. Si vos postes sont visibles mais que personne ne postule, votre problème est un problème de projection : les salariés ne savent pas quelles passerelles existent depuis leur métier, et aucun job board ne le leur dira. Si les candidatures arrivent mais que vous ne savez pas les arbitrer, votre problème est un problème d'évaluation, et il se règle dans la cartographie des compétences plus que dans l'outil de mobilité.
Cette grille explique aussi pourquoi les projets échouent. Une organisation qui achète une talent marketplace sans référentiel de compétences à jour obtient un moteur de matching qui recommande du vide. À l'inverse, une entreprise dont les processus de mobilité interne sont déjà écrits mais non outillés gagne davantage à brancher une brique sur ses entretiens qu'à déployer une plateforme autonome de plus.
Les 8 logiciels de mobilité interne comparés en 2026
Le classement ci-dessous couvre volontairement les quatre familles, pour que la comparaison serve à trancher entre des approches et pas seulement entre des marques. Les informations proviennent des sites officiels des éditeurs, consultés le 31 août 2026. Aucun des huit éditeurs ne publie de tarif public sur son offre de mobilité interne : nous écrivons « sur devis » partout plutôt que d'avancer des fourchettes invérifiables.
| Solution | Famille | Ce qu'elle apporte sur la mobilité | Cible | Tarif |
|---|---|---|---|---|
| 1. Zola | Brique talent management (France) | Souhaits d'évolution recueillis en entretien, référentiel de compétences, passerelles et plans de succession en revue des talents | ETI et grandes entreprises, France et multi-pays | Sur devis |
| 2. Gloat | Talent marketplace (États-Unis) | Projets, missions courtes et mentorat mis en correspondance avec les profils, en continu | Grands groupes internationaux | Sur devis |
| 3. Cegid Talentsoft | SIRH et suite talent (France) | Bourse à l'emploi interne côté salarié, plans de carrière, talent review et suivi des remplacements | ETI et grandes entreprises | Sur devis |
| 4. SmartRecruiters SmartMobility | Bourse à l'emploi interne (États-Unis) | Portail carrière interne, publication croisée interne et externe, suivi distinct des candidatures internes | Organisations à fort volume de recrutement | Sur devis |
| 5. SAP SuccessFactors Opportunity Marketplace | Module de SIRH core (Allemagne) | Postes, missions temporaires, équipes dynamiques et mentorat réunis, recommandations sur compétences | Grands comptes déjà sous SuccessFactors | Sur devis |
| 6. Cornerstone Galaxy | Apprentissage et marketplace (États-Unis) | Place de marché des talents et recommandations de parcours adossées à la formation | Organisations déjà équipées d'un LMS ou d'un LXP | Sur devis |
| 7. Talentia HCM | SIRH pour ETI (France) | Consolidation compétences, performance et ambitions, successions et postes clés, couplée à la paie | ETI françaises | Sur devis |
| 8. Whoz | Staffing et affectation (France) | Cartographie des compétences et arbitrage des affectations sur projets, semaine après semaine | ESN, conseil, ingénierie, DSI internes | Sur devis |
Informations relevées sur les sites officiels des éditeurs le 31 août 2026.
1. Zola, la mobilité alimentée par vos entretiens
Zola est une suite française de gestion des talents qui couvre les entretiens annuels et professionnels, la GPEC, la people review, la formation et le suivi de mission. La mobilité interne n'y est pas un module isolé : elle se nourrit de données déjà produites ailleurs dans l'outil. Les souhaits d'évolution sont recueillis dans la campagne d'entretiens via le module d'entretiens annuels et professionnels, la gestion des compétences est évaluée poste par poste, et les écarts détectés orientent les passerelles et les plans de succession lors de la revue des talents. Le suivi de mission complète le dispositif pour les organisations qui font bouger leurs équipes par projet.
- Pour qui : ETI et grandes entreprises, multi-sites et multi-entités, en France comme sur des périmètres multi-pays.
- Point fort : la couverture native du cadre français, entretien de parcours professionnel et obligation GEPP comprises, sans que l'outil soit pour autant limité à un seul pays (l'éditeur documente des déploiements sur cinq pays chez un groupe industriel et une campagne menée en anglais chez un client basé à Bruxelles).
- Limite assumée : Zola ne propose ni bourse à l'emploi interne ni marketplace de missions courtes. Si votre besoin premier est de publier des postes ouverts aux salariés, ce n'est pas le bon point d'entrée.
- Tarif : sur devis.
2. Gloat, la talent marketplace à l'état pur
Gloat est le pure player de la catégorie. Sa promesse dépasse le job board interne : la plateforme découpe les initiatives prioritaires en projets et en missions courtes, puis les met en correspondance avec les profils disponibles, et couvre aussi le mentorat et la préparation des successions. C'est l'outil qui traite la mobilité comme un flux continu d'opportunités plutôt que comme un événement annuel.
- Pour qui : grands groupes internationaux déjà équipés d'un SIRH lourd, sur lequel Gloat se superpose.
- Point fort : la mobilité courte, celle qui ne change pas le contrat de travail mais fait circuler les compétences.
- Limite : aucun ancrage réglementaire français, et une maturité de données que peu d'ETI atteignent.
- Tarif : sur devis.
3. Cegid Talentsoft, la suite française la plus complète
Regroupée sous la marque Cegid HR, l'offre issue de Talentsoft couvre la chaîne entière : recrutement, mobilité, carrière, succession. Côté collaborateur, elle propose une vraie bourse de l'emploi interne avec alertes sur les postes ouverts et application mobile. Côté RH, elle apporte les plans de carrière individualisés, la Talent Review et le suivi des remplacements, avec une gestion des structures multi-positions et multi-contrats qui compte dans les groupes complexes.
- Pour qui : ETI et grandes entreprises prêtes à un projet SIRH structurant.
- Point fort : le seul acteur français à couvrir à la fois la diffusion des postes et le pilotage des talents.
- Limite : un périmètre difficile à activer sur le seul besoin mobilité, et une offre en recomposition dont le nom commercial bouge.
- Tarif : sur devis.
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Demander une démo4. SmartRecruiters SmartMobility, la bourse à l'emploi interne assumée
SmartMobility est le module de mobilité de l'ATS SmartRecruiters. Il fait exactement ce que la famille « bourse à l'emploi » promet, et il le fait bien : portail carrière interne paramétrable, profils de candidats internes, publication croisée automatique sur les canaux internes et externes, suivi des candidatures internes avec un processus de candidature distinct de celui du recrutement externe.
- Pour qui : organisations dont le volume de recrutement est élevé et qui veulent systématiquement confronter un poste ouvert au vivier interne avant de le publier à l'extérieur.
- Point fort : la mobilité entre dans un processus de recrutement déjà rodé, sans nouvel outil pour les recruteurs.
- Limite : rien sur les compétences, les passerelles métiers ou les souhaits d'évolution. Un salarié qui ne postule pas reste invisible.
- Tarif : sur devis.
5. SAP SuccessFactors Opportunity Marketplace
Chez SAP, la mobilité est native au SIRH. L'Opportunity Marketplace rassemble dans une même interface les postes ouverts, les missions temporaires, les équipes dynamiques, le mentorat et la formation, avec des recommandations générées à partir des compétences et des centres d'intérêt du collaborateur. Postes, compétences et effectifs vivant déjà dans le système, il n'y a pas d'interface à maintenir.
- Pour qui : grands comptes internationaux déjà sous SuccessFactors.
- Point fort : la couverture des formes courtes de mobilité autant que du changement de poste.
- Limite : l'activation suppose le socle de compétences de la suite, donc un chantier préalable de référentiel, hors budget pour la plupart des ETI françaises.
- Tarif : sur devis.
6. Cornerstone Galaxy, la mobilité par la formation
Cornerstone arrive par la formation et remonte vers la mobilité. Sa place de marché des talents met en correspondance compétences, objectifs et opportunités internes, et recommande des parcours de carrière. Son intérêt est de refermer la boucle que la plupart des outils laissent ouverte : un écart de compétences détecté débouche immédiatement sur un parcours de montée en compétences plutôt que sur une candidature refusée.
- Pour qui : organisations qui ont déjà investi dans une plateforme d'apprentissage et veulent en tirer un usage carrière.
- Point fort : le lien entre l'écart constaté et la formation qui le comble.
- Limite : l'entrée se fait par le learning et non par la GPEC ou l'entretien, donc la couverture des obligations françaises reste légère.
- Tarif : sur devis.
7. Talentia HCM, le SIRH pensé pour les ETI
Talentia revendique explicitement la cible ETI et couple la gestion des talents au pilotage financier. Le module Talents consolide compétences, performance et ambitions, identifie les écarts et les opportunités de mobilité, tandis que la brique développement suit les successions, les postes clés et l'anticipation des départs. Le couplage avec la paie permet de chiffrer une mobilité, ce qui est rare.
- Pour qui : ETI françaises qui veulent un socle unique paie, administration et talents.
- Point fort : la capacité à mettre un coût sur une décision de mobilité, impact masse salariale compris.
- Limite : pas d'espace côté collaborateur pour chercher des opportunités, la mobilité reste un processus descendant piloté par la DRH.
- Tarif : sur devis.
8. Whoz, la mobilité comme décision d'affectation
Whoz sort du cadre habituel et c'est ce qui le rend intéressant. Cette plateforme française de staffing cartographie les compétences, matche les profils aux projets et arbitre les affectations entre unités. La mobilité n'y est pas un événement annuel mais une décision hebdomadaire : qui part sur quelle mission, avec quelles compétences à développer au passage.
- Pour qui : ESN, cabinets de conseil, sociétés d'ingénierie et DSI internes, organisations en mode projet.
- Point fort : la seule approche qui traite la mobilité au rythme réel de l'activité.
- Limite : hors contexte projet, ni bourse à l'emploi, ni gestion de carrière, ni couverture des obligations d'entretien.
- Tarif : sur devis.
Le vrai point de blocage n'est pas l'outil, c'est la source de la donnée
Un logiciel de mobilité interne ne crée aucune information. Il expose, croise et met en mouvement ce que vous avez déjà. C'est pour cette raison que deux entreprises équipées du même outil obtiennent des résultats opposés, l'une sur sa fidélisation, l'autre sur rien du tout.
Trois sources alimentent réellement un dispositif de mobilité, et chacune a son point de rupture. La première est le souhait d'évolution. Tant qu'il repose sur la candidature spontanée, vous ne voyez que les salariés déjà décidés à bouger, c'est-à-dire souvent ceux qui regardent aussi à l'extérieur. Recueilli en entretien de mobilité interne ou dans la campagne d'entretiens annuels, où la question de l'évolution de carrière est posée à tout le monde, il devient une donnée structurée, datée et exploitable par tout le monde. Notre trame d'entretien de mobilité interne donne la structure de questions correspondante. L'enjeu n'est pas théorique pour le salarié : selon le baromètre 2025 de la rémunération des cadres de l'Apec, mené auprès de 26 000 cadres, 70 % de ceux qui ont changé de poste au sein de leur entreprise ont été augmentés, contre 49 % de ceux qui n'ont pas évolué en interne.
Cette matière remonte d'autant moins spontanément que la DRH n'est pas spontanément identifiée comme l'interlocuteur de carrière. Le troisième baromètre Apec-ANDRH, publié en juin 2026, le mesure sans détour : 86 % des cadres jugent la fonction RH efficace sur les tâches administratives, contre 54 % sur la gestion des carrières, soit 32 points d'écart. Et seuls 52 % se tourneraient vers leur service RH pour envisager une reconversion interne. Un outil ne renverse pas cette perception, mais un rendez-vous formel où la question est posée à tout le monde, si.
La deuxième source est le référentiel de compétences. C'est le poste de charge le plus lourd d'un projet de mobilité, et celui que les démonstrations produit escamotent systématiquement. Un référentiel de compétences construit puis jamais réévalué produit des recommandations fausses au bout de dix-huit mois, ce qui est pire que pas de recommandation du tout : les managers cessent d'y croire et le dispositif meurt.
La troisième est le frein managérial, et aucun logiciel ne le règle seul. Un manager évalué sur la performance de son équipe n'a aucun intérêt à laisser partir son meilleur élément. Ce n'est plus une intuition de couloir : dans une étude publiée en août 2026 par l'American Economic Review, l'économiste Ingrid Haegele documente sur données de personnel d'une grande entreprise que la rétention de talents par les managers est auto-déclarée par près de trois quarts d'entre eux, qu'elle se lit dans les évaluations qu'ils rédigent, et qu'elle décourage effectivement les candidatures internes. Les organisations qui font vivre leur gestion des carrières traitent ce point par la règle plutôt que par l'outil : durée minimale au poste avant mobilité, arbitrage remonté au comité carrière, et surtout une revue des talents où la décision ne se prend plus dans le seul périmètre du manager.
🔵 Pas de référentiel de compétences, pas de mobilité interne
Cartographiez les compétences par poste, par service et par site, repérez les écarts et faites apparaître les passerelles métiers réellement praticables dans votre organisation.
→ Le logiciel de gestion des compétences GPEC/GEPPLe cadre français que votre outil doit encaisser
C'est l'angle mort des comparatifs disponibles, y compris ceux publiés par des éditeurs français. Cinq points de droit conditionnent pourtant le choix d'un outil de mobilité interne, et trois d'entre eux bougent en 2026.
L'entretien professionnel devient l'entretien de parcours professionnel
La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 remplace le rendez-vous tous les deux ans par une cadence dite 1-4-8 : un premier entretien dans l'année qui suit l'embauche, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans. Le nouveau régime s'applique depuis le 26 octobre 2025 aux entreprises qui n'ont pas d'accord aménageant la périodicité de ces entretiens ; celles qui en ont un ont jusqu'au 1er octobre 2026 pour se mettre en conformité. Ce rendez-vous est le seul moment où la loi oblige l'employeur à interroger le salarié sur ses souhaits d'évolution. Un outil de mobilité qui ne récupère pas cette matière se prive de sa meilleure source. Le détail est dans notre fiche sur l'entretien de parcours professionnel.
La négociation collective reste obligatoire au-delà de 300 salariés
La négociation triennale sur la gestion des emplois et des parcours professionnels couvre les passerelles métiers, la cartographie des emplois et les mesures d'accompagnement à la mobilité. La même loi d'octobre 2025 y ajoute une négociation triennale sur l'emploi des salariés expérimentés, précédée d'un diagnostic. Votre outil doit produire les éléments qui alimentent ces négociations et la consultation du CSE, pas seulement un tableau de bord interne. La démarche est décrite dans notre fiche GEPP.
La période de reconversion, un dispositif écrit pour la mobilité interne
Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, la « période de reconversion » remplace Pro-A et Transitions collectives. L'article L6324-1 du Code du travail prévoit que tout salarié souhaitant bénéficier d'une mobilité professionnelle interne ou externe peut en bénéficier, pour acquérir une qualification enregistrée ou des blocs de compétences, sans condition d'âge, d'expérience ni de niveau de diplôme. C'est le financement qui manquait aux mobilités les plus longues, celles qui supposent une vraie montée en compétences. Votre outil doit savoir tracer le parcours correspondant, pas seulement le changement de poste qui le conclut.
Une mobilité n'est pas neutre juridiquement
Changer de poste, de qualification ou de lieu de travail peut modifier un élément essentiel du contrat et exiger un avenant signé. Une clause de mobilité géographique doit définir précisément sa zone d'application pour être opposable. Un logiciel qui déclenche des mouvements sans tracer ces étapes vous expose : vérifiez que les décisions de mobilité y sont historisées et documentées.
Le matching de compétences traite des données sensibles
Évaluations, potentiels, souhaits d'évolution : le RGPD s'applique, avec une base légale à définir, une durée de conservation et une information des salariés. Si le moteur de recommandation est algorithmique, ajoutez la question de l'explicabilité et de l'obligation de transparence sur les décisions RH assistées par IA. Demandez à l'éditeur où sont hébergées les données, quels signaux nourrissent le modèle et comment un salarié peut contester une recommandation.
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Demander une démoComment choisir : 6 critères et un budget à construire
Les grilles de choix disponibles s'arrêtent aux fonctionnalités et à l'ergonomie. Sur une organisation de plusieurs centaines de salariés, ce sont rarement ces points qui font échouer un projet. Voici les six critères qui décident réellement.
- La source de la donnée : d'où viennent les souhaits d'évolution et les compétences évaluées, et à quelle fréquence sont-ils rafraîchis. C'est le critère numéro un, avant toute démonstration.
- Le coût du référentiel : demandez qui construit le référentiel métiers, en combien de jours, et si l'éditeur fournit une base de départ ou vous laisse partir d'une page blanche.
- Les connecteurs nommés : pas « API disponible » mais la liste des systèmes déjà connectés chez d'autres clients, paie et SIRH core en tête, avec le sens de synchronisation.
- Le reporting et l'adoption managériale : combien de clics pour qu'un manager traite une candidature interne, que se passe-t-il quand il ne fait rien, et quels indicateurs de mobilité le reporting sort-il sans retraitement. Un dispositif sans relance meurt au deuxième trimestre.
- La conformité et la réversibilité : hébergement, base légale du traitement, durée de conservation, et surtout format d'export si vous partez. Un référentiel de compétences enfermé chez un éditeur est un actif perdu.
- Le coût complet sur trois ans : licence, mise en œuvre, jours de construction du référentiel, conduite du changement, et le temps interne de la DRH. La première facture ne représente jamais le projet.
Sur le budget, la transparence du marché est mauvaise et il faut le dire : aucun des huit éditeurs comparés ici ne publie de tarif sur son offre de mobilité interne. La tarification se construit presque toujours par salarié et par an, avec un socle et des modules, ce qui rend le comparatif dépendant de votre effectif et du nombre de briques activées. Deux réflexes utiles au moment de la mise en concurrence : demander le prix au volume réel plutôt qu'un tarif catalogue, et faire chiffrer séparément la licence et le chantier de référentiel, faute de quoi vous découvrirez la seconde ligne après la signature.
Les démonstrations produit se ressemblent toutes, et elles tournent toujours sur le même jeu de données parfait. Refusez-la. Demandez à chaque éditeur de charger trois de vos fiches de poste réelles et cinq profils de salariés, puis de vous montrer les passerelles que son moteur propose. En une heure, vous saurez ce qu'aucun cahier des charges ne dira : si l'outil sait travailler avec la qualité de données que vous avez vraiment. C'est le test qui départage le plus vite.
FAQ
Quelle différence entre un logiciel de mobilité interne et un ATS ?
Un ATS gère un processus de candidature. Son module de mobilité interne publie vos offres d'emploi auprès des salariés et suit le recrutement interne comme il suit le recrutement externe. Un outil de mobilité au sens large part de l'amont : quelles compétences existent, quelles passerelles sont possibles, qui souhaite évoluer. Le premier suppose que le salarié se manifeste, le second cherche à le rendre visible avant qu'il ne se manifeste.
Peut-on gérer la mobilité interne sans logiciel dédié ?
Oui, tant que les postes ouverts et les compétences disponibles tiennent dans la tête d'une même personne. Au-delà de quelques centaines de salariés ou dès qu'il y a plusieurs sites et plusieurs entités juridiques, le tableur ne tient plus : il n'est jamais à jour au moment où la décision se prend. La question n'est pas la taille en soi, c'est le nombre d'interlocuteurs qui doivent partager la même information.
Combien coûte un logiciel de mobilité interne ?
Aucun éditeur du comparatif ne publie de tarif public, ce qui rend toute fourchette générale peu fiable. Le prix se construit par salarié et par an, avec un socle et des options, et la vraie variable de coût est ailleurs : la construction du référentiel de compétences et l'intégration au SIRH pèsent souvent plus lourd que la licence la première année.
Comment calculer son taux de mobilité interne ?
Le calcul le plus courant rapporte le nombre de postes pourvus en interne au nombre total de postes pourvus sur la période. Deux indicateurs le complètent utilement : le taux de candidature interne, qui mesure si le dispositif est visible, et le taux de maintien à douze mois après mobilité, qui mesure s'il est bien arbitré. Un taux de mobilité élevé avec beaucoup de retours arrière signale un problème de sélection, pas un succès.
Faut-il un outil dédié ou un module de sa suite RH ?
Le critère de décision est la localisation de votre donnée. Si vos entretiens, vos compétences et votre revue des talents vivent déjà dans une même suite, un module y sera mieux alimenté qu'une plateforme externe à synchroniser. Si votre besoin porte sur les missions courtes ou sur un volume de recrutement important, un outil spécialisé se justifie, à condition d'avoir prévu le flux de données qui l'alimentera.
Pour approfondir votre choix d'outil
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