L'intéressement est un dispositif de partage de la valeur qui verse aux salariés une prime liée aux résultats ou aux performances de l'entreprise, selon une formule définie à l'avance dans un accord. Son principe est simple : pas de résultat atteint, pas de prime. Ce caractère aléatoire le distingue d'un complément de salaire et lui ouvre un régime fiscal et social de faveur.
Facultatif par principe, il devient en partie obligatoire avec la loi sur le partage de la valeur. En 2026, la prime d'intéressement est plafonnée à 36 045 € par bénéficiaire et échappe aux cotisations sociales. Voici sa définition, son fonctionnement, son calcul, ses avantages, ses bénéficiaires, sa différence avec la participation et sa mise en place.
- Définition : prime collective liée aux résultats ou performances de l'entreprise, versée selon une formule fixée dans un accord d'intéressement.
- Caractère aléatoire : la prime dépend de l'atteinte d'objectifs ; sans résultat, pas de versement.
- Plafond 2026 : 36 045 € par bénéficiaire (75 % du PASS), avec une enveloppe globale limitée à 20 % des salaires bruts.
- Fiscalité : exonéré de cotisations sociales (hors CSG-CRDS) et d'impôt sur le revenu si la prime est placée sur un plan d'épargne sous 15 jours.
- Mise en place : facultative, par accord, mais désormais obligatoire pour certaines entreprises de 11 à 49 salariés.
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→ Découvrir le logiciel de rémunérationQu'est-ce que l'intéressement ?
L'intéressement est un dispositif de partage de la valeur et d'épargne salariale qui associe les salariés aux résultats ou aux performances de l'entreprise. Concrètement, l'entreprise verse une prime collective lorsque des objectifs définis à l'avance sont atteints. Ces objectifs et la formule de calcul sont inscrits dans un accord d'intéressement, négocié avec les salariés ou leurs représentants.
Ce qui caractérise l'intéressement, c'est son caractère aléatoire et collectif. La prime n'est jamais garantie : elle dépend entièrement de l'atteinte des résultats. C'est cette incertitude qui le distingue d'un treizième mois ou d'une prime fixe, et qui justifie son régime social et fiscal de faveur. L'intéressement s'inscrit dans la même famille que la participation aux bénéfices et la prime de partage de la valeur, avec lesquels il peut se cumuler.
L'intéressement est-il obligatoire ?
Par principe, l'intéressement est facultatif : aucune entreprise n'est tenue d'en proposer un. Toute entreprise peut le mettre en place, quels que soient sa taille, sa forme juridique ou son secteur. La donne change toutefois avec la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur.
Depuis les exercices ouverts en 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés qui réalisent un bénéfice net fiscal d'au moins 1 % de leur chiffre d'affaires pendant trois années consécutives doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur : intéressement, participation, abondement ou prime de partage de la valeur. L'intéressement reste l'une des options les plus souples pour remplir cette obligation, car sa formule est libre.
Comment fonctionne l'intéressement ?
Le fonctionnement repose sur l'accord : il fixe la formule de calcul, qui doit reposer sur des critères objectifs, précis et vérifiables. Deux grandes familles d'indicateurs sont possibles, souvent combinées.
| Famille d'indicateurs | Exemples de critères |
|---|---|
| Intéressement aux résultats | Résultat net, résultat d'exploitation, excédent brut d'exploitation (EBE), marge brute ou nette |
| Intéressement aux performances | Progression du chiffre d'affaires, gains de productivité, réduction des délais, satisfaction client, réduction de l'empreinte carbone |
La formule est libre, mais elle doit rester objective et vérifiable, et présenter un caractère aléatoire.
Une fois la prime calculée, le salarié dispose de 15 jours après notification pour choisir entre la percevoir immédiatement ou la placer sur un plan d'épargne salariale. Ce choix change tout sur le plan fiscal, comme le montre le schéma ci-dessous.

Comment calculer la prime d'intéressement ?
Le montant de la prime découle de la formule de l'accord, appliquée aux résultats de la période. La somme globale dégagée est ensuite répartie entre les salariés, de façon uniforme, proportionnelle au salaire, au temps de présence, ou selon une combinaison de ces critères. Deux plafonds encadrent le dispositif.
- Le plafond individuel : la prime versée à un salarié ne peut dépasser 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 36 045 € en 2026.
- Le plafond global : l'enveloppe totale d'intéressement est limitée à 20 % des salaires et rémunérations brutes des bénéficiaires.
Par exemple, une entreprise dont l'accord prévoit de distribuer 5 % du résultat d'exploitation dégagera une enveloppe d'autant plus élevée que l'année est bonne, puis la répartira entre les salariés dans la limite de ces plafonds. Un supplément d'intéressement peut être décidé en cas de très bons résultats, dans les mêmes limites.
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Demander une démoQuels sont les avantages fiscaux et sociaux de l'intéressement ?
L'intérêt de l'intéressement tient à son régime de faveur. Les sommes versées ne sont pas considérées comme une rémunération : elles sont exonérées de cotisations sociales, patronales comme salariales. Seules la CSG et la CRDS, au taux global de 9,7 %, restent dues par le salarié.
Côté impôt, la prime est exonérée d'impôt sur le revenu si elle est placée sur un plan d'épargne entreprise (PEE) ou un plan d'épargne retraite, dans la limite des trois quarts du PASS. Perçue immédiatement, elle redevient imposable. Pour l'employeur, le forfait social s'applique au taux de 20 %, mais il est supprimé dans les entreprises de moins de 250 salariés, ce qui allège fortement le coût du dispositif pour les PME. À budget équivalent, l'intéressement coûte donc moins cher qu'une augmentation et valorise mieux la performance collective. Il complète utilement une politique de rémunération où le fixe et le variable individuel ont déjà leur place.
Qui peut bénéficier de l'intéressement ?
Tous les salariés de l'entreprise en bénéficient, une condition d'ancienneté de trois mois maximum pouvant être prévue. L'accès est plus large que la seule masse salariale : dans les entreprises de 1 à 250 salariés, le chef d'entreprise, les dirigeants, ainsi que le conjoint collaborateur ou le partenaire de PACS peuvent aussi percevoir l'intéressement. C'est un atout pour la rémunération des dirigeants de petites structures, dans un cadre fiscal optimisé.
Quelle différence entre intéressement et participation ?
Les deux dispositifs partagent la valeur créée, mais ils ne se confondent pas. La participation est obligatoire dès 50 salariés et redistribue une part des bénéfices selon une formule légale. L'intéressement est facultatif, ouvert à toutes les tailles, et repose sur une formule libre liée aux résultats ou aux performances.
| Critère | Intéressement | Participation |
|---|---|---|
| Caractère | Facultatif (sauf nouvelle obligation) | Obligatoire dès 50 salariés |
| Base | Résultats ou performances, formule libre | Bénéfices, formule légale |
| Plafond individuel 2026 | 36 045 € (75 % du PASS) | 36 045 € (75 % du PASS) |
Comment mettre en place l'intéressement ?
La mise en place passe par un accord d'intéressement, conclu pour une durée d'un à cinq ans. Il peut être négocié avec les délégués syndicaux ou le comité social et économique, ratifié à la majorité des salariés, ou résulter d'une décision unilatérale dans les petites entreprises, voire d'un accord-type de branche. L'accord doit ensuite être déposé auprès de l'administration pour ouvrir droit aux exonérations.
Au-delà de la mécanique juridique, c'est la qualité des objectifs qui fait la réussite du dispositif. Des critères clairs, reliés à l'activité réelle des équipes et expliqués, transforment l'intéressement en levier d'engagement plutôt qu'en prime subie. Le relier aux moments de pilotage de la performance, à la QVT et à la performance et à l'épargne salariale aide chacun à comprendre ce qui est en jeu et comment il peut y contribuer.
FAQ : intéressement
Qu'est-ce que l'intéressement ?
C'est un dispositif de partage de la valeur qui verse aux salariés une prime collective liée aux résultats ou aux performances de l'entreprise, selon une formule définie dans un accord. La prime n'est versée que si les objectifs sont atteints.
L'intéressement est-il obligatoire ?
Il est facultatif par principe. Mais depuis les exercices ouverts en 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés suffisamment bénéficiaires doivent mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur, dont l'intéressement fait partie.
Quel est le plafond de l'intéressement en 2026 ?
La prime est plafonnée à 36 045 € par bénéficiaire (75 % du PASS), et l'enveloppe globale ne peut dépasser 20 % des salaires bruts des bénéficiaires.
L'intéressement est-il imposable ?
Il est exonéré de cotisations sociales (hors CSG-CRDS de 9,7 %). Il est aussi exonéré d'impôt sur le revenu s'il est placé sur un plan d'épargne dans les 15 jours ; perçu immédiatement, il devient imposable.
Sources
- economie.gouv.fr et URSSAF, L'intéressement des salariés (mise en place, calcul, exonérations).
- Plafonds 2026 : prime plafonnée à 36 045 € (75 % du PASS fixé à 48 060 €), enveloppe globale à 20 % des salaires bruts.
- Loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur (obligation pour les entreprises de 11 à 49 salariés).
- Code du travail, articles sur l'intéressement et son régime social et fiscal.








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