Formations les plus demandées en 2026 : le classement côté RH

Sabrine Azougli
Mis à jour le
14/8/2026
Jérôme Vobmann
Mis à jour le
14
/
08
/
2026

Quelles formations vos collaborateurs vont-ils demander en 2026 ? La réponse tient en trois classements qui ne se recouvrent pas : ce que les entreprises achètent (compétences métiers, management, sécurité), ce qu'elles disent préparer pour les trois ans à venir (IA et management en tête), et ce que les salariés choisissent quand ils décident seuls avec leur CPF (permis, langues, bilans de compétences). Anticiper les demandes, c'est lire les trois à la fois.

Cette page compile les données publiées entre septembre 2025 et juillet 2026 (Medef, France compétences, DARES, CSA/Centre Inffo, WEF), classe les 7 thématiques de formation professionnelle qui montent, et donne la méthode pour en nourrir votre catalogue.

💜 Ce qu'il faut retenir
  • Trois classements coexistent en 2026 : ce que les entreprises achètent (métiers 24 %, management 15 %, sécurité 14 %), ce qu'elles préparent (management, IA, soft skills), et ce que les salariés choisissent seuls via le CPF (permis, langues, bilans de compétences).
  • L'IA est la demande qui explose : 72 % des actifs qui l'utilisent veulent s'y former, 38 % seulement l'ont été (CSA/Centre Inffo).
  • Le socle reste réglementaire : 84 % des entreprises placent les formations obligatoires en tête de leurs priorités, premier poste de dépense (Medef 2025).
  • Un catalogue utile croise les trois sources : recueil des besoins, demandes d'entretiens et données officielles, rafraîchi chaque année.

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Le classement 2026 des formations les plus demandées

Ce classement des formations les plus demandées en entreprise croise les achats réels mesurés par le baromètre Entreprises & Formation du Medef (septembre 2025, 841 entreprises), les intentions des DRH pour les années qui viennent et les compétences recherchées sur le marché du travail :

ThématiqueCe que disent les chiffres 2026
1. IA et dataPriorité de transformation pour 68 % des DRH, demande n°1 des salariés utilisateurs (72 %), mais 7 % seulement des achats réels : l'écart à combler
2. Management et leadership15 % des achats, et compétence jugée n°1 à 3-5 ans par 27 % des entreprises
3. Obligatoires et sécurité (QHSE)14 % des achats mais 84 % des entreprises les mettent en tête : le socle non négociable du plan
4. Compétences techniques métiers24 % des achats : le vrai n°1 en volume, tiré par l'adaptation au poste
5. Soft skills6 % des achats seulement, mais la pensée analytique reste la compétence n°1 pour 7 employeurs sur 10 (WEF)
6. Langues3 % des achats en entreprise, mais 11 % des choix CPF : la demande individuelle déborde l'offre interne
7. Bureautique et informatiqueDemande CPF en hausse de 19 % en 2025, dopée par la mise à niveau numérique
Podium 2026 des formations les plus demandées en entreprise : IA, management, obligatoires, métiers et soft skills

Les 7 thématiques, en détail

1. L'IA, la demande qui déborde l'offre

C'est le fait marquant de 2026 : 72 % des actifs qui utilisent l'intelligence artificielle au travail veulent s'y former, et 38 % seulement ont déjà suivi une formation (CSA/Centre Inffo, février 2025). Leur premier reproche à l'offre existante : des formations trop génériques, pas adaptées à leur métier (45 %). Les attentes sont précises : choisir les bons outils (52 %), automatiser des tâches (46 %), évaluer la fiabilité des réponses (45 %), écrire de bons prompts (42 %). Attendez-vous à ce que la demande arrive par tous les canaux, entretiens compris.

2. Le management, l'increvable

Deuxième domaine d'achat (15 % des formations), et compétence jugée prioritaire à 3-5 ans par 27 % des entreprises, devant même le numérique : chaque promotion interne fabrique un nouveau manager à former, et les entretiens annuels mal menés coûtent cher en engagement. La demande vient autant des directions que des intéressés.

3. Les obligatoires, le socle silencieux

Personne ne les « demande », tout le monde les suit : 84 % des entreprises placent les formations obligatoires et réglementaires en tête de leur priorisation, et elles forment le premier poste de dépense (Medef). Habilitations électriques, CACES, sécurité incendie, hygiène : ce bloc se pilote au registre des habilitations et à l'échéance, pas au sondage interne.

4. Les compétences techniques métiers, le vrai n°1 en volume

24 % des achats de formation : entre gestes techniques, outils métiers et gestion de projet, l'adaptation au poste reste la première raison de former. Les données officielles le confirment côté fonds mutualisés : 4,55 millions d'actions financées avec l'appui des OPCO en 2024 au titre du plan de développement des compétences, courtes (19 heures en moyenne), souvent confiées à un organisme de formation de proximité (France compétences). C'est la matière première des plans, alimentée par les managers plus que par les salariés eux-mêmes.

5. Les soft skills, sous-achetées mais réclamées par le marché

6 % des achats seulement, alors que la pensée analytique reste la compétence jugée essentielle par 7 employeurs sur 10 sur le marché du travail mondial (WEF, Future of Jobs 2025), devant la résilience et la créativité. La demande individuelle passe souvent par des mots différents : communication, gestion du temps, prise de parole, gestion du stress et des conflits.

6. Les langues, la demande qui fuit vers le CPF

3 % des achats en entreprise, mais 11 % des entrées CPF en 2025 (DARES) : quand l'offre interne ne suit pas, la demande de langues part en solo, TOEIC en tête. Un signal utile : si vos salariés financent leur anglais eux-mêmes, la demande existait, et votre catalogue l'a ratée.

7. Bureautique et informatique, la mise à niveau permanente

Les entrées CPF en informatique ont progressé de 19 % en 2025, et la sécurité numérique suit (+24 % pour le domaine sécurité). Entre outils métiers, tableurs et cybersécurité de base, la demande est diffuse mais constante, et se prête bien au e-learning à grande échelle.

Le paradoxe 2026 : ce qu'on achète n'est pas ce qu'on prépare

Le baromètre du Medef le pointe lui-même : les compétences jugées décisives à 3-5 ans (managériales 27 %, numériques et IA 26 %, soft skills 16 %) sont presque l'inverse des volumes réellement achetés, dominés par le métier et le réglementaire. L'écart est encore plus net sur l'IA : priorité de transformation affichée par 68 % des DRH (Cegos, 2026), 7 % des achats réels. Pendant ce temps, la pression monte côté salariés : 24 % disent vivre ou anticiper l'obsolescence de leurs compétences, contre 7 % un an plus tôt, et le WEF estime que 39 % des compétences seront transformées d'ici 2030.

Pour le responsable formation, ce paradoxe est une feuille de route : le catalogue 2026 doit tenir le socle (obligatoire, métier) tout en ouvrant vite les lignes IA, management et soft skills, avant que la demande ne se serve ailleurs.

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Ce que vos salariés choisissent quand ils décident seuls

Le CPF est un révélateur : quand le salarié paie (une participation de 102,23 € en 2025) et choisit sans validation de l'employeur, le palmarès change du tout au tout. En 2024, le permis de conduire pesait 36 % des dossiers validés, devant les certifications courtes, le bilan de compétences (6 %) et la création d'entreprise (France compétences). En 2025, sur 1,2 million d'entrées, le transport reste le premier domaine (4 formations sur 10), devant l'orientation professionnelle et les langues (DARES, juillet 2026) ; la VAE a doublé en un an, et 43 % des entrées viennent désormais d'inscrits à France Travail : le CPF glisse vers un outil de retour à l'emploi.

Lecture RH : la demande individuelle parle de mobilité, de reconversion professionnelle et d'employabilité, des sujets que le plan de l'entreprise couvre rarement. Deux réponses possibles : co-construire (abondement CPF ciblé sur les certifications utiles aux deux parties), et surtout capter en interne ce qui peut l'être : un salarié qui finance seul son TOEIC ou son bilan de compétences envoie un signal que l'entretien annuel aurait dû faire remonter. Or 47 % des actifs veulent se former dans les douze mois (71 % des moins de 25 ans), mais à peine un sur deux connaît l'offre de son entreprise (CSA/Centre Inffo) : le problème est moins l'envie que le circuit.

Transformer le classement en catalogue : la méthode

Un classement national ne remplace pas vos données, il les met en perspective. La construction tient en quatre gestes :

  • verrouiller le socle : obligatoires et adaptations au poste d'abord, cadencées par les échéances réglementaires, avant toute ligne « tendance »
  • croiser trois sources de demande : le recueil des besoins annuel, les demandes formulées en entretien, et les signaux faibles (CPF autofinancés, recherches dans le catalogue)
  • arbitrer en coût complet : chaque ligne retenue rejoint le plan de formation avec son budget, son format (l'intra dès 3 participants, l'inter pour les demandes isolées) et son financement OPCO éventuel
  • publier et mesurer : un catalogue de formation visible, consulté, dont les statistiques de consultation nourrissent la version suivante ; le classement se rafraîchit chaque année, votre catalogue aussi

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FAQ

Quelle est la formation la plus demandée en entreprise en 2026 ?

En volume d'achats, les compétences techniques métiers dominent (24 % des formations, Medef), portées par l'adaptation au poste. En dynamique de demande, c'est l'IA : 72 % des actifs qui l'utilisent veulent s'y former, et 68 % des DRH en font une priorité. Côté choix individuels (CPF), le permis de conduire et les langues restent en tête.

Quelles compétences seront les plus recherchées d'ici 2030 ?

Le Future of Jobs 2025 du WEF place l'IA et la data en plus forte croissance (+87 %), estime que 39 % des compétences seront transformées d'ici 2030, et maintient la pensée analytique comme compétence n°1 pour 7 employeurs sur 10, devant résilience et créativité. Traduction catalogue : des lignes IA par métier, et des soft skills traitées comme des compétences à part entière.

Comment savoir ce que mes salariés veulent vraiment ?

En combinant trois canaux : un recueil des besoins structuré, les demandes exprimées en entretien (le principal point de conversion de l'envie en demande), et les signaux hors radar : formations autofinancées via le CPF, requêtes dans le catalogue interne. Le tout recoupé une fois par an au moment du plan.

Sources

  • Medef, baromètre Entreprises & Formation n°4 (septembre 2025, 841 entreprises) : répartition des achats par domaine, priorisation des obligatoires, compétences jugées prioritaires à 3-5 ans
  • France compétences, rapport sur l'usage des fonds, édition 2025 (février 2026) : structure des dossiers CPF 2024, actions financées au titre du plan de développement des compétences
  • DARES, « Le compte personnel de formation en 2025 » (juillet 2026) : domaines des entrées CPF, évolutions 2025
  • CSA / Centre Inffo, baromètre de la formation et de l'emploi (février 2025) : envie de formation des actifs, demandes liées à l'IA
  • Cegos, baromètre 2026 : priorités des DRH, salariés formés à l'IA, obsolescence perçue
  • World Economic Forum, Future of Jobs Report 2025 : compétences en croissance à horizon 2030

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